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théâtre

Stroboscopie : ados les sens

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Invité l'an dernier à créer le texte de Sébastien Joanniez avec la Manivelle, Simon Dusart, habitué, avec la Compagnie dans l'arbre à des créations destinées à l'adolescence, revient sur sa démarche à l'occasion de la reprise de la pièce.

 

Sortir : Comme dans la vie, l'adolescence reste un monde délicat à aborder sur scène pour qui veut éviter les clichés ou les facilités. Comment trouver le ton juste ?

 

Simon Dusart : C'est effectivement un texte qui parle d'adolescence et c'est de là que je suis parti pour réaffiner ensuite. Il est important pour moi de pouvoir sentir et jauger la réaction des adolescents spectateurs pour pouvoir ajuster et resserrer. La brièveté des scènes, le zapping de l'une à l'autre... le rythme du découpage a vite été apprécié. Depuis la création, la forme est largement restée la même, dans le jeu des lumières qui révèlent les personnages et détermine les limites. Les ados apprécient la pertinence de la démarche, un choix dans lequel les adultes rentrent parfois un peu plus difficilement, certains se retrouvent moins dans cette forme de narration hachée, mais ça passe très vite. Au fur et à mesure du travail de création, j'ai à cœur de garder un lien avec les enfants et j'aime avoir le regard de classes témoins y compris au fil des répétitions, pour apprécier la manière dont la démarche et les choix formels sont reçus. Tout en portant une grosse attention aux thématiques pour les transmettre de la meilleure façon possible.

 

Sortir : Le choix d'une scénographie finalement épurée reposant sur un dispositif presque entièrement lumineux fait-il aussi partie des moyens de toucher le public ?

 

S. Dusart : J'ai fait beaucoup de recherches autour de la forme. C'est un moyen puissant d'aider les enfants moins habitués au théâtre à rentrer dans propos. Certains effets possèdent un côté un peu magique, ça permet aussi d'entretenir la curiosité, de tenir les spectateurs en haleine avec des astuces formelles, sans que ça devienne pour autant une fin en soi. Mais il est de notre responsabilité d'emmener ceux qui viennent au spectacle dans des choses qu'on ne voit pas forcément souvent. Le travail sur la lumière amène par exemple une poésie qu'on attendait pas du tout. Quand la technique porte une émotion et soutien un propos, elle a toute sa place. De même, le récit ne perd pas inutilement son temps, même si les ados tergiversent beaucoup dans leurs histoires d'amour, je ne voulais pas tourner autour du pot pendant 20 minutes, mais faire en sorte d'aller droit au but. François Gérard de la Manivelle m'a fait lire le texte il y a quelques temps et depuis son écriture, les choses ont progressé dans la société, on a aussi ajusté les comportements des protagonistes en en tenant compte, c'est essentiel.

 

Sortir : Créer un spectacle demeure-t-il une aventure compliquée ? Administrativement, économiquement, dans le rapport au public ?

 

S. Dusart : Travailler avec la Manivelle m'a permis de ne me concentrer que sur l'artistique, sans avoir à justifier mes choix ou mes démarches auprès de producteurs ou de co-producteurs. C'est confortable et très précieux de nos jours. Après les confinements, tout le monde semblait dans une frénésie de rattrapage épuisante, les choses se calment un peu, mais le contexte économique reste tendu avec une baisse des crédits alloués à la culture. Avec la compagnie (NDLR : La Cie dans l'arbre qu'il anime avec Pauline Van Lancker), on travaille sur une démarche en deux volets Alerte Blaireau Dégât qui questionne le rapport à l'information, la manipulation et la place des images dans les vies dans le sillage d'un ado lanceur d'alerte qui sera suivie de Cataclysme l'an prochain. Ce qui est sûr c'est que je reste traversé, comme tout metteur en scène, par une question plus présente encore : comment aller chercher spectateur ? Comment renouer un contact distendu et redonner envie de voir des spectacles ? Il nous faut avoir la capacité de proposer des choses qui vont plus loin que le déjà vu. C'est là que j'ai du plaisir à faire mon métier et à le partager. Si on ne veut pas se faire bouffer par Netflix et compagnie, il faut aussi permettre aux gens de se rendre compte que le spectacle vivant peut leur proposer bien autre chose.

Publié le 16/11/2022 Auteur : Propos recueillis par Guillaume B.

Stroboscopie, les 17, 18 et 19 novembre à la Manivelle, espace Gérard Philippe à Wasquehal lamanivelletheatre.com lacompagniedanslarbre.fr

 


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